Après des décennies d’absence, le chamois fait un retour remarqué dans le département de la Corrèze. Longtemps cantonné aux massifs alpins et pyrénéens, ce symbole de la faune montagnarde colonise désormais des territoires inattendus, aux confins du Massif central. Une évolution discrète, mais significative, à la croisée de dynamiques naturelles et d’actions de conservation ciblées.
Une réintroduction qui remonte à plus de trente ans
Le retour du chamois en Corrèze ne date pas d’hier. Il trouve son origine dans les campagnes de réintroduction menées dans les années 1990 dans les Monts du Cantal, au sein du parc naturel régional des Volcans d’Auvergne. Depuis, l’espèce a peu à peu regagné du terrain, progressant vers l’ouest. Une progression rendue possible par les continuités écologiques du Massif central, mais aussi par la faible pression humaine dans certaines zones forestières et escarpées du département.
Aujourd’hui, les premières observations fiables de chamois en Corrèze se multiplient, notamment dans les zones les plus accidentées du plateau de Millevaches ou dans les contreforts de la montagne limousine. Il ne s’agit pas encore d’une population installée de manière massive, mais de groupes isolés, témoins d’un phénomène de dispersion naturelle.
Des habitats favorables et une cohabitation encore à écrire
La Corrèze offre au chamois des conditions de vie relativement favorables : forêts d’altitude, versants rocheux, climat tempéré et relative tranquillité humaine. Ces milieux, propices à la tranquillité et à l’alimentation, permettent à l’espèce de trouver des zones-refuges adaptées à ses besoins, notamment en matière de pâturage et de sécurité.
La cohabitation avec les activités humaines – notamment la sylviculture, l’élevage et la chasse – reste pour l’instant mesurée, mais devra être encadrée à l’avenir si les populations venaient à s’installer durablement. Les chasseurs, acteurs incontournables de la gestion de la faune, prélève depuis 2020 quelques spécimens par an pour leur plus grand bonheur afin de maintenir une population stable comme cette vidéo d’ICI l’explique très bien.