CHASSE ACTU

Récit d'une chasse au pigeon en Angleterre




chasse aux pigeons ramier en angleterre


La fièvre bleue sévit depuis ces dernières années. Nombre de chasseurs en sont désormais atteints... malheureusement aucune parade n’a encore été trouvée et il vous faut vivre, ou plutôt survivre avec cette lourde passion qu’est la chasse du pigeon ramier !

Bien que cet oiseau soit présent sur l’intégralité du territoire Français, la difficulté de trouver un poste valable pousse certains amoureux à traquer hors de France la palombe. Plusieurs destinations sont proposées par les agences : l’Ecosse, l’Irlande, la Belgique, et bien sur l’Angleterre.

Accablée d’histoires peu glorieuses de gros tableaux faciles, l’Angleterre repousse les puristes mais reste tout de même la destination phare pour taquiner quelques palombes.

 

Eté 2011, Sébastien, un de nos membre de la Team ChassePassion.net, s’est donc rendu en Angleterre le temps d’un week-end afin d’y chasser le pigeon ramier. Il nous en ramène un récit de chasse aussi intense que magique…. 

 

chasse au pigeon en angleterreArrivé sur place...

Pour notre week-end de chasse, nous nous rendons dans le comté de Norfolk, au Nord-Est de Londres, à environ trois heures de Douvres. La dernière demi-heure de trajet est des plus excitantes, les petites routes de campagne remplacent alors les vastes et monotones autoroutes.

Généralement parcourues en fin de journée, il y est impossible de rouler plus de 40 mètres sans croiser un animal : lapins, faisans, pigeons, perdrix rouge, perdrix grise, etc… peuplent abondamment les champs cultivés et les pâtures qui bordent la route.


A notre arrivée au Pub où nous avons rendez-vous avec Andy, un gamekeeper (comprenez garde de chasse) au service d’un notable disposant de plusieurs centaines d’hectares de terres, l’excitation est à son comble. Il nous explique le déroulement de notre première journée de chasse en territoire anglais et nous raconte quelques anecdotes de chasseurs français, nombreux à venir dans ce secteur. Nous avons la mauvaise habitude, d’après lui, d’être beaucoup trop mobile dans les affuts, « si vous repérez un pigeon, il vous a également vu, il faut donc rester immobile et ne jamais sortir du poste, même pour ramasser vos trophées ». Andy possède deux excellents labradors qui s’occuperont de ramasser les pigeons en fin de journée. Après quelques bières et un repas vite avalé nous rejoignons nos chambres pour une nuit qui s’annonce très courte.

Premières palombes et......... premiers râtés !

chasse pigeon affut

Réveil à 7 heures, préparation des cartouches et des vêtements, un copieux petit déjeuner à l’anglaise nous est servi alors qu’un panier repas pour le midi nous est également préparé. Andy arrive à 9 heures, nous trépignions d’impatience mais les terres se situes autour du Pub, il ne lui faut qu’une dizaine de minutes pour nous positionner dans un champ de maïs fraichement récolté. Notre affut est constitué de ballots de paille disposés en plein milieu du champ. Un petit quart d’heure est nécessaire à l’installation du tourniquet et des palombes au sol tuées la veille en guise d’appelants. Le ciel est gris mais il ne pleut pas, j’ai, en face de moi, un petit bois à 250 mètres puis un bosquet à ma droite, tous deux sont bleus de pigeons ramiers.

Andy était à peine sorti du champ que les premiers oiseaux arrivent comme aimantés par le tourniquet disposé à une vingtaine de mètres de mon affut. Les premiers coups de fusils sont maladroits et les pigeons repartent intacts à peine effarouchés. La matinée est de piètre qualité, malgré les dizaines d’oiseaux qui se sont abattus sur les formes et le tourniquet, très peu jonchent le sol. Andy, qui m’observait depuis un bosquet arrive alors, presque énervé, ou fébrile, de voir un si bon affut rendu si peu efficace par ma mauvaise prestation matinale. « Il faut que tu restes assis, dès que tu aperçois un pigeon entre les ballots de paille, c’est qu’il est à portée. Alors tu peux seulement te lever pour le tirer » m’explique-t-il. En effet, j’ai passé la matinée debout, à observer partout autour de moi et à me blottir uniquement quand j’apercevais un oiseau, cette méthode n’est, apparemment, pas très efficace outre-manche…

tourniquet à pigeon

Instants magiques...

Il est midi et demi, un coup de fil à mon père, qui est dans un affut de l’autre côté du bosquet à ma droite, à environ 400 mètres de moi, m’annonce qu’il a déjà prélevé trois fois plus de pigeons. Je décide donc, probablement par fierté, de mettre les conseils

d’Andy en application. C’était un petit détail, mais ô combien primordial. Peu à peu je retrouve mon tir habituel et les pigeons tombent régulièrement. Des volées de centaines d’individus tournoient au-dessus de mon petit attelage, c’est un spectacle grandiose et je reste là, sans voix, la tête en l’air à admirer la magie d’une halte migratoire pour des centaines d’oiseaux. Il me faudra plusieurs secondes, quelques minutes même, pour me remettre des émotions procurées par ce balai incessant de pigeons que j’avais tant convoités.

Mes esprits revenus, je reprends le fusil en mains. Il est maintenant environ 15 heure, j’arrive à court de munitions, je décide donc d’appeler Andy qui se propose de me ramener un carton, mais l’épaule souffre, la fatigue se fait ressentir et mes yeux pétillent encore de la magnifique journée que je venais de passer, je lui annonce donc que je souhaite retourner à l’hôtel. Après avoir assisté à un magnifique travail des chiens pour le rapport des pigeons, ramassé les nombreuses douilles autour de mon affut et ranger les « appelants », nous nous mettons en route vers l’hôtel. Sur le chemin, Andy m’explique que rare sont les journées comme celle que je venais de passer, le nombre de pigeons et surtout leur attitude « kamikaze » sur mon attelage est inhabituelle…

Back to the Pub.

Nous partageons quelques bières autour du bar, un pub traditionnel anglais, Andy m’explique que la journée de demain ne risque pas d’être aussi bonne que celle que je venais de vivre, le temps risque d’être beaucoup moins coopératif puisque vent et pluie se mêleront à notre court séjour. Cependant il m’annonce me mettre dans le meilleur de ses champs, proche d’une sapinière, dortoir pour plusieurs milliers de pigeons. Nous avalons un repas bien mérité avant de rejoindre nos chambres et d’y passer une nuit récupératrice.

vol de palombe en angleterre

Pluies de palombes !

Comme les prévisions météorologiques l’annonçaient, la pluie et le vent ont fait leur apparition. Andy nous attend dans son pick-up, direction un champ de maïs récolté qui est situé en lisière d’un bosquet de pins qui procurent un excellent abri au sec pour les pigeons ramiers. La partie de chasse va être courte puisqu’il nous faut reprendre la route tôt afin d’être à Douvres à temps pour prendre le Ferry. Malgré les mauvaises conditions, les pigeons sont présents en nombre sur le secteur, ce sont des volées complètes qui décollent de la forêt située à 500 mètres devant moi. Certaines ne font que quelques tours et s’y reposent immédiatement, d’autres ont le courage de tenter une sortie entre deux averses et bourrasques, elles viennent alors copiner avec mes appelants, mais les nuisances sonores provoquées par le 12 leur font vite regretter cette chevauchée, elles vont alors se réfugier dans les pins qui, au plus près des troncs, restent secs.

Le siège trépied en cuir n’est pas un accessoire confortable sous la pluie, la cuvette qui fait office de siège se rempli bien trop rapidement d’eau lorsqu’il faut se lever pour tirer et les mouvements assis-debout-assis se font de plus en plus désagréables au fur et à mesure des averses, mais la vision d’autant de pigeons nous fait bien vite oublier tous ces aléas, rare sont les palombes volant seule, ce sont quasiment systématiquement des volées de 20 à plus de 100 individus qui bravent les piètres conditions météorologique.

La journée se termine, non pas sans hâte de retrouver la chambre d’hôtel et des vêtements secs. Le temps n’était pas avec nous, mais la journée fut couronnée de succès tout de même et c’est des images plein la tête que nous reprenons la route, qui s’annonce très longue…

Techniques de chasse Anglaise :

affut chasse pigeon

Le camouflage est, probablement internationalement, l’élément primordial à la réussite d’une partie de chasse à l’affut. Les guides de chasse Anglais maîtrisent parfaitement cet art, du simple filet de camouflage disposé dans un bosquet puis recouvert de branches jusqu’aux ballots de paille immédiatement installés dans le champ après la moisson afin que les oiseaux s’habituent à leurs présences, tous les artifices sont bons pour dissimuler au mieux leurs clients.

Dans le premier cas, quatre piquets télescopiques solidement enfoncés dans le sol au plus près de la végétation qui constitue le bosquet maintiennent le filet de camouflage type militaire suffisamment épais pour ne pas être repéré mais disposant d’aération afin de voir au travers. Il est conseillé d’ajouter des branchages afin de casser la forme de l’affut. L’inconvénient de cette technique concerne l’arme puisqu’il est très facile d’emmêler les canons dans le filet, pour y remédier, insérer un bout de branche dans l’angle de l’affut afin d’y déposer le canon de votre fusil, ainsi il ne sera plus en contact direct avec le filet de camouflage.

La technique de chasse aux pigeons en Angleterre est bien différente de celle que l’on pratique en France, pour la chasse du pigeon ramier tout au moins. En effet, il est interdit d’utiliser des appelants vivants outre-manche alors qu’il est prohibé de chasser avec un tourniquet et des pigeons morts en guise de formes en France. 

tourniquet pour chasse au pigeonCôté efficacité, les deux techniques se valent, côté pratique les Anglais ont une sacré longueur d’avance… Aucun pigeon à nourrir 365 jours par an, pas de transport encombrant de palettes, balanciers et autres pompes, dix pigeons tués la veille, un tourniquet, une batterie de 6 ou 12 Volts, quelques supports en métal et le tour est joué ! 

Les supports en métal permettent de rendre visible et de donner une allure « naturelle » aux pigeons disposés au sol qui feront offices de formes, les guides ajoutent généralement un floater : une tige de fibre de carbone relativement souple où l’on insère un pigeon qui a pour but de simuler un oiseau arrivant à la pose. 

Le tourniquet fut à peine importé en France qu’une loi fut votée afin de l’interdire à la chasse du pigeon ramier. Redoutable d’efficacité et très pratique, son installation ne prend que cinq minutes. Deux pigeons sont insérés sur les tiges de fer ; une fois les cosses reliées à la batterie il vous suffit d’enclencher l’interrupteur afin de lancer le moteur qui mettra en rotation constante les deux oiseaux provoquant ainsi un effet d’aimant sur les pigeons sauvages.

Conseils pratiques :

carte européène d'arme à feu1/ Les quelques formalités administratives…

  • Le passeport européen d’armes à feu : il est le document indispensable pour emmener votre arme outre-manche, très facile à obtenir il ne nécessite qu’un simple document CERFA ainsi que le règlement d’une légère taxe.

  • Le permis de chasse Anglais : c’est votre guide qui vous l’obtiendra en échange du règlement de la taxe (~50€). Attention : afin d’obtenir la licence de chasse anglaise, il est primordiale que vous possédiez la carte européenne d’arme à feu si vous emmenez votre arme sur place (certains guides offrent la possibilité de louer une arme sur place).

  • Vérifiez auprès de votre assureur si votre contrat mentionne l’assurance responsabilité civile chasse Internationale.

2/ Les vêtements, munitions et autres accessoires primordiaux…

En Angleterre, les temps pluvieux sont très réguliers, même les mois d’été. Il est donc conseillé d’emporter avec soi des vêtements imperméables. Bien que présent en très grande quantité, les pigeons restent très farouches, il est impératif que vous passiez inaperçu à leur vue perçante. En plus des vêtements camouflages, une légère paire de gants est un atout supplémentaire. La cagoule, ou casquette avec filet, est également un élément qui contribuera certainement à la réussite de votre chasse. Opter pour des chaussures de marche plutôt que des bottes, dans votre affût une bonne partie de la journée, elles seront beaucoup plus confortable à porter.


Rare sont les pigeons que vous aurez l’occasion de tirer à de grandes distances, généralement les tirs s’effectuent entre 15 et 25 mètres. Une cartouche de ball-trap est donc suffisante, en plus de ménager votre épaule. Si toutefois vous doutiez de l’efficacité du 28 gr, une 32 gr en plombs de 6 fera également l’affaire, mais je vous déconseille vivement d’opter pour des cartouches plus chargées que cela !

Le casque de tir ou les bouchons d’oreilles ne prennent pas de place dans votre valise et vous protègeront très efficacement contre les tirs répétitifs, il est fortement conseillé de vous en équiper. Il serait dommage d’endommager votre audition à cause d’une excellente journée !

Pour votre confort au poste, vous pouvez emmener un siège trépied, une fois assis vous serez encore plus discret. Aucune crainte à avoir concernant le transport, vous vous rendrez à votre affût en 4x4…

Sébastien Privas

Article :

chasse aux pigeons en Angleterre

 


Communauté

  • jeanmi43s histoires de chasse
    Il y a 2 jours

    La situation était des plus critiques, car partout c'était la mort en perspective. En brave, qui n'ignore pas que c'en est fait de lui, mais qui du moins veut lutter jusqu'au bout et vendre chèrement sa vie, le sanglier vint s'adosser contre le mur et fit tête à la meute grouillante et mordante qui en un instant l'assaillit de tous cotés, cherchant à le saisir aux écoutes.
    Raidissant ses membres puissants et se secouant de droite et de gauche, le ragot se débarrassa de la grappe dévorante qui lui tenaillait la chair, puis, comme la foudre, tombant au milieu des chiens,

    jeanmi43s il décousit en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, trois des plus mordants, puis, de nouveau vint s'acculer au mur. L'œil en feu, les soies hérissées, le ragot était vraiment superbe d'attitude à cette heure, et bien que blessé déjà et perdant son sang en abondance, il semblait de taille et de force à continuer longtemps encore la lutte.
    La brisée, qui mieux que tout autre le comprenait, avait saisi sa carabine et il épaulait déjà prêt à faire feu, quand Matador, bien que blessé lui même, s'élança sur le sanglier et le saisissant à l'écoute de gauche, s'y cramponna si bien que ce dernier malgré tous ses efforts, ne put parvenir à se débarrasser de son étreinte.
    Alors commença une lutte épique: les chiens acharnés à sa perte lui infligeaient les plus terribles morsures; lui de son coté ripostait vaillamment en frappant à droite et à gauche et à chaque coup répondait un hurlement plaintif, tandis que l'un des chiens roulait le flanc ouvert, les intestins pendant sur le sol.
    Mis dans l'impossibilité de tirer dans la crainte de blesser les chiens, La Brisée allait se décider à servir l'animal au couteau de chasse, quand ce dernier, tiraillait en tous sens, réduit aux abois, et se sentant à bout de forces, parvint par un dernier effort, à gagner la tourbière et se précipita tête baissée dans l'abîme entrainant avec lui ses plus mortels ennemis.
    "Tonnerre de Brest!" s'écria le piqueur en se précipitant à bas de son cheval pour se porter au secours des chiens.
    Il était trop tard hélas! le sanglier, poursuivant son œuvre vengeresse, s'était éloigné du bord et se trouvait hors de portée, il enfonçait peu à peu, et son petit œil perçant, lançait des éclairs en fixant la rive, sur laquelle restaient immobiles les témoins de cette scène étrange.
    Quelques instants plus tard, tout était terminé, les victimes avaient disparu à jamais, et la tourbière avait repris son allure endormie.
    Le retour fut triste; ne venions nous pas de perdre nos meilleurs chiens de tête. C'est égal, c'était un brave que ce ragot, et il est mort au champ d'honneur!

    (C.d'Amezeuil.1883)
    Il y a 2 jours
  • jeanmi43s uploaded a video.
    Il y a 4 jours
  • Webmaster uploaded a video.
    Il y a 5 jours