CHASSE ACTU

MCL Leclercq sans détour



 

Interview Pascal Leclercq
Monsieur Leclercq bonjour, merci de nous accorder de votre temps afin de répondre à quelques questions.

Vous êtes le PDG fondateur de la maison Leclercq, fondée en 1991, comment tout a commencé ? Nous nous sommes laissés dire que vous avez débuté par vendre des couveuses et des….. meubles ? (MCL = Meubles et couveuses Leclercq)

Interview Pascal LeclercqAu commencement l’idée était de fabriquer et de commercialiser des meubles de chasse notamment les armoires à fusils. Ce marché étant assez saturé je me suis tourné vers la fabrication de couveuses en bois « PAL » que je fabrique toujours aujourd’hui même si certains éléments ont évolués. Par exemple, nous n’utilisons plus à l’heure actuelle de thermostats à mercure liquide mais des thermostats électroniques. Les couveuses sont venues naturellement car j’étais éleveur professionnel de petit gibier avant de me lancer dans la fabrication de matériel de chasse. Je connaissais donc très bien la couveuse PAL et il a été facile pour moi de me lancer sur ce marché.

La couveuse était bien vendue auprès de tous les éleveurs que je connaissais au nord de Paris et la problématique de beaucoup d’éleveurs est aussi de lutter contre les nuisibles qui font des dégâts aux oiseaux dans leurs élevages. La demande en pièges comme les nasses à pies rondes et les boites à fauves est venue naturellement et je me suis dit que je pouvais répondre à cette demande. Sont venues ensuite les sociétés de chasse et le bouche à oreille a fait que mon activité a pris de plus en plus d’ampleur.

Au début de mon installation, la mairie de Wavrin a mis à ma disposition un bâtiment désaffecté qui était à l’origine un ancien moulin électrique (le moulin Loyer) avant d’en faire ce qui est aujourd’hui un centre socio-culturel. J’ai donc déménagé dans un autre bâtiment qui était le second moulin électrique de Wavrin (le moulin Duban) avant de faire construire mon propre bâtiment de 1800m² avec 2500m² de parking en 2003.

 

 

Vous avez reçu une formation particulière ou êtes-vous autodidacte ?

Je suis plutôt autodidacte puisque ma formation principale était électromécanicien. Mon parcours m’a permis d’être confronté aux réalités des personnes qui utilisent aujourd’hui mes produits puisque lorsque j’étais éleveur, je sortais environ 300 000 oiseaux par saisons (faisans, cailles, colverts, perdrix, etc.).  Même si mon premier emploi a été accouveur/éleveur, garde-chasse et piégeur sur un domaine privé de 400 hectares, ma formation d’électromécanicien me sert tout de même pas mal aujourd’hui dans la maintenance des machines et la conception des pièges dans mes ateliers.

Petit à petit vous avez donc développé toute une gamme pour le piégeage, l’élevage et aussi la chasse ?

Pendant la période où j’étais garde-chasse, éleveur et piégeur, je fabriquais déjà mon matériel pour qu’il soit mieux adapté à ma façon de travailler. A l’époque, les pièges et tout le matériel que nous produisons aujourd’hui étaient introuvables. C’est simple, il y avait une demande mais pas réellement d’offre.

Me trompe-je si  je dis qu’aujourd’hui vous êtes le leader sur votre marché ?

Nous ne sommes pas 50 fabricants en France, les bons fournisseurs se comptent sur les doigts d’une main. Je ne sais pas si on peut se considérer comme leader incontestable mais la société MCL est assez bien connue dans le milieu. Je pense que notre plus grande force est notre capacité à écouter les personnes qui souhaitent des produits spécifiques, qui inventent de nouveaux procédés ou qui modifient des accessoires existants. Nous possédons également un équipement industriel conséquent qui nous permet de rester toujours très réactifs et compétitifs.

La société MCL

Comment fait-on pour continuer à innover dans un secteur aussi traditionnel que la chasse ?

Encore une fois, le fait d’être à l’écoute et d’être présent sur le terrain permet d’entendre la demande des utilisateurs. Les piégeurs, les chasseurs et les éleveurs sont dans l’action, les réflexions les plus censées proviennent toujours des utilisateurs de mes produits. Ils sont confrontés à des problématiques parfois très précises et mon rôle est de leur apporter des solutions. C’est en étant à l’écoute des personnes qui sont sur le terrain tous les jours qu’on innove en leur apportant du soutien et des produits qui correspondent à leurs attentes.

Parc de chasse de Baville

Pour donner un exemple, beaucoup de piégeurs et notamment l’association des piégeurs de la Loire m’ont parlé d’un problème de ratés conséquent avec les pièges Belisle. Le piège Belisle est un excellent piège mais actuellement, beaucoup de ces pièges sont importés de Chine et pas du Canada et malheureusement la qualité du piège n’est pas du tout la même. Les piégeurs de la Loire avaient déjà bien avancé sur le problème et avaient un prototype d’un lanceur de lacet capable de rendre le lacet du piège Belisle actif et donc de faire baisser considérablement les ratés avec ce piège. En travaillant main dans la main avec cette association, nous avons pu fabriquer le lanceur de manière industrielle et assurer sa distribution auprès des piégeurs de toute la France.

Tous vos produits sont fabriqués en France ?

Tous nos produits ne sont pas fabriqués en France puisque nous avons une gamme très étendue, cela va de la tapette à souris aux DVD de chasse. Vous comprendrez qu’il est difficile pour moi d’aller tourner des films de chasse tout en fabriquant des pièges !

Malgré tout, la grande majorité des produits distribués par MCL aujourd’hui sont fabriqués dans mes ateliers dans le Nord de la France. Nous avons même quelques exclusivités puisque je suis le seul fabricant de pièges en X au niveau Européen. Il en va de même pour les collets, les boîtes à fauves, etc. qui sont aussi fabriqués chez nous.

Quels sont vos produits phares ?

Boite à fauve MCLJ’ai un peu répondu auparavant sans le vouloir. Le trio de tête des produits les plus fabriqués et donc des plus vendus sont les collets tous diamètres confondus, les boîtes à fauves ainsi que les pièges en X. On ne pense pas forcément qu’une PME comme la nôtre puisse s’imposer sur des marchés internationaux, mais il faut savoir que nous exportons nos produits dans toute l’Europe ainsi que sur des territoires Outre-mer comme Mayotte, la Nouvelle-Calédonie et la Guadeloupe.

Quel sont vos principaux canaux de distribution ?

Nous travaillons en direct avec beaucoup de nos clients, nous avons des automatismes avec pas mal d’entre eux comme les fédérations de chasse et les associations de piégeurs. Les produits MCL sont aussi distribués par des chaînes de grandes distributions ce qui nous assure toujours un volant d’affaires important.

Nous proposons également nos produits en direct par l’intermédiaire de notre magasin situé à Wavrin mais aussi et surtout grâce à la vente par correspondance. Lorsque je parle de vente par correspondance, il s’agit de notre catalogue qui a été entièrement revu cette année et de notre site Internet qui est constamment mis à jour.

 Vous êtes depuis quelques temps très présent sur Internet, avec notamment des vidéos, Facebook, etc. Sentez-vous un véritable attrait par rapport à ça de la part des chasseurs ?

Je n’aurais pas cru cela possible il y a encore 5 ou 6 ans mais il s’avère que tout le monde s’est mis à consulter Internet (même moi!). Je pense sincèrement qu’il ne faut pas oublier le catalogue papier qui reste un support favorisé par beaucoup mais Internet prends énormément d’ampleur dans tous les secteurs d’activités, même celui de la chasse. Il est important de ne pas s’endormir sur nos lauriers et de ne pas louper le train avec le web, nous avons même créé un emploi et embauché quelqu’un à temps plein pour gérer notre site web et toute notre présence en ligne.

Je sais que MCL est très présente sur les réseaux sociaux et notamment sur Facebook, il paraît même que nous avons un compte sur Twitter mais je ne maîtrise pas du tout ce réseau. C’est Nico qui se charge de toute cette partie, et il semble que oui, les chasseurs sont très réceptifs à ce genre de démarche.

Le fait de pouvoir être proche d’une marque ou d’un fabricant donne un sentiment de relation particulière, à travers les réseaux on ne parle plus simplement à un client ou un prospect mais à un « ami ». J’emploie le terme de Facebook mais on n’est pas très loin de la réalité. Il y a une certaine intimité qui se créé entre la communauté et notre entreprise et il faut être présent au sein de cette communauté. Les chasseurs, les piégeurs et les éleveurs aiment avoir des réponses rapides à leurs besoins, par Internet, je peux leur apporter un maximum de solutions très rapidement.

En ce qui concerne les vidéos, c’est encore par la demande de la communauté de chasseurs présents sur le web que l’idée est venue. Beaucoup de personnes demandaient comment faire fonctionner tel ou tel produit. Les notices étaient envisageables mais c’est bien moins sympathique qu’une vidéo.

L'entrepotCombien de personnes travaillent chez MCL ?

J’ai commencé seul et aujourd’hui nous sommes 11. Le fait de proposer un grand nombre de produits fait que nous avons besoin de beaucoup de compétences. Dans l’atelier il y a 3 soudeurs (Gregory, Patrice et Noël), 2 préparateurs qui sont à la découpe des pièces et des panneaux de grillages (Freddy et Patrick), une personne pour l’assemblage des cages, des nasses et des collets (Sylvie) et un préparateur de commande polyvalent (Raphaël). Dans les bureaux si vous venez nous rendre visite un jour vous retrouverez Ingrid la chargée de clientèle, Jonathan le comptable et Nicolas sur le web. Personnellement, je jongle beaucoup entre l’atelier et mon bureau, c’est mon rôle de gérant de société que de m’assurer que tout se passe bien. 

Après plus de 20 ans dans le milieu de la chasse, 20 années de déclin en terme de nombre de permis, comment voyez-vous l’avenir de la chasse ?

Au niveau du piégeage, c’est différent car le piégeage n’est pas un mode de chasse, c’est de la régulation, les associations de piégeurs sont de plus en plus dynamiques et peuvent en témoigner avec une recrudescence d’inscriptions de jeunes piégeurs.  Le piégeage se démocratise aussi dans des pays où il était plutôt une activité isolée. Par exemple, nos amis Belges s’organisent et ont créé une belle association qu’est l’A.P.A.W. qui propose des formations de piégeage et différents évènements autour du piégeage. C’est vers ce genre d’initiatives qu’il faut se tourner car il n’y a une certaine pédagogie qui ressort de ces associations et elles font mieux que n’importe qui d’autre la promotion du piégeage auprès du grand public.

Le piégeage en ville est aussi de plus en plus important, chose que l’on ne voyait presque pas auparavant car les animaux dits nuisibles colonisent de plus en plus les zones urbaines. Même si parfois la législation nous met quelques bâtons dans les roues, je pense vraiment que le piégeage a encore un bel avenir.

En ce qui concerne la chasse en général, c’est vrai que c’est un milieu plutôt vieillissant mais les baisses de permis sont disparates. Une information récente parue dans la presse annonçait que la chasse était le deuxième sport le plus pratiqué en France après le football, je pense que ça donne une bonne idée de ce que représente la chasse dans notre pays. Très franchement, même si des baisses de permis étaient enregistrées pendant 5 ou 10 ans de suite, il y aura toujours suffisamment de passionnés comme vous et moi pour continuer de défendre cette belle passion et de la transmettre aux plus jeunes.

Il reste un engouement très fort pour le petit gibier dans notre pays et même si la chasse est pointée du doigt par la tendance écologiste actuelle, cette passion est portée par de nombreux jeunes qui s’organisent eux aussi en associations de jeunes chasseurs. Ce sont de belles initiatives qu’il faut entretenir et de toute façon nous n’avons pas le choix, les chasseurs, quels que soient leur mode de chasse favoris, devront apprendre à être solidaires s’ils veulent conserver leurs traditions et continuer à pratiquer leurs passions respectives. C’est parfois compliqué, mais que l’on soit chasseur de gibier d’eau, chasseur à l’arc ou de grand gibier, nous partageons tous ce même amour de la nature et nous chérissons tous cette montée d’adrénaline au contact du gibier.


Communauté

  • jeanmi43s histoires de chasse
    Il y a 2 jours

    La situation était des plus critiques, car partout c'était la mort en perspective. En brave, qui n'ignore pas que c'en est fait de lui, mais qui du moins veut lutter jusqu'au bout et vendre chèrement sa vie, le sanglier vint s'adosser contre le mur et fit tête à la meute grouillante et mordante qui en un instant l'assaillit de tous cotés, cherchant à le saisir aux écoutes.
    Raidissant ses membres puissants et se secouant de droite et de gauche, le ragot se débarrassa de la grappe dévorante qui lui tenaillait la chair, puis, comme la foudre, tombant au milieu des chiens,

    jeanmi43s il décousit en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, trois des plus mordants, puis, de nouveau vint s'acculer au mur. L'œil en feu, les soies hérissées, le ragot était vraiment superbe d'attitude à cette heure, et bien que blessé déjà et perdant son sang en abondance, il semblait de taille et de force à continuer longtemps encore la lutte.
    La brisée, qui mieux que tout autre le comprenait, avait saisi sa carabine et il épaulait déjà prêt à faire feu, quand Matador, bien que blessé lui même, s'élança sur le sanglier et le saisissant à l'écoute de gauche, s'y cramponna si bien que ce dernier malgré tous ses efforts, ne put parvenir à se débarrasser de son étreinte.
    Alors commença une lutte épique: les chiens acharnés à sa perte lui infligeaient les plus terribles morsures; lui de son coté ripostait vaillamment en frappant à droite et à gauche et à chaque coup répondait un hurlement plaintif, tandis que l'un des chiens roulait le flanc ouvert, les intestins pendant sur le sol.
    Mis dans l'impossibilité de tirer dans la crainte de blesser les chiens, La Brisée allait se décider à servir l'animal au couteau de chasse, quand ce dernier, tiraillait en tous sens, réduit aux abois, et se sentant à bout de forces, parvint par un dernier effort, à gagner la tourbière et se précipita tête baissée dans l'abîme entrainant avec lui ses plus mortels ennemis.
    "Tonnerre de Brest!" s'écria le piqueur en se précipitant à bas de son cheval pour se porter au secours des chiens.
    Il était trop tard hélas! le sanglier, poursuivant son œuvre vengeresse, s'était éloigné du bord et se trouvait hors de portée, il enfonçait peu à peu, et son petit œil perçant, lançait des éclairs en fixant la rive, sur laquelle restaient immobiles les témoins de cette scène étrange.
    Quelques instants plus tard, tout était terminé, les victimes avaient disparu à jamais, et la tourbière avait repris son allure endormie.
    Le retour fut triste; ne venions nous pas de perdre nos meilleurs chiens de tête. C'est égal, c'était un brave que ce ragot, et il est mort au champ d'honneur!

    (C.d'Amezeuil.1883)
    Il y a 2 jours
  • jeanmi43s uploaded a video.
    Il y a 4 jours
  • Webmaster uploaded a video.
    Il y a 5 jours