CHASSE ACTU

Alsace, une battue administrative qui tourne au carnage




Les faits datent un peu (2011), mais l'info vaut d'être relayé... Une cinquantaine de sangliers ont été tués samedi, à Hirtzfelden, lors d’une battue ordonnée par le préfet. Les locataires de la chasse dénoncent « un carnage », des irrégularités et l’absence d’éthique.


« C’est un scandale ! Les lieutenants de louveterie ont opéré sans considération pour les animaux avec une soixantaine de fusils. Ils ont laissé une laie et un sanglier morts sur le chemin. Ils n’ont pas recherché les bêtes blessées qui errent dans la forêt. De nombreux jeunes marcassins crient famine : les mères allaitantes ont été abattues », dénonce Paul Schubnel, locataire de la chasse de Hirtzfelden.

Samedi matin, Robert Dubich, président des lieutenants de louveterie du Haut-Rhin, s’est rendu à Hirtzfelden avec 48 chasseurs, sur ordre du préfet : « Nous avions pour mission d’en abattre le plus possible car les dégâts de sangliers ont considérablement augmenté dans tout le massif de Hirtzfelden : 924 ares en 2009, 1 682 en 2010. Soit 143 000 € de dégâts à payer aux agriculteurs. Nous sommes intervenus sur 120 ha et avons bougé 150 sangliers. Nous en avons abattu 38 qui ont été vendus à un marchand de gibier. J’ai veillé à ce que tout soit nettoyé proprement. »

Après le départ de la louveterie, les locataires de la chasse ont découvert « un charnier de boyaux en forêt. Des pattes dépassaient d’une fine couche de terre. Après constat de la Brigade verte, nous avons ouvert le charnier et trouvé une cinquantaine de marcassins tout jeunes et quelque 56 fœtus, explique Paul Schubnel. La gendarmerie estime qu’il y avait plus de 200 kg de viscères enterrés alors qu’au-delà de 40 kg, il faut appeler l’équarrisseur. »

Les locataires de la chasse conviennent qu’il faut réguler la population de sangliers : « Nous en avons abattu 160, au lieu des 120 prévus. Sur notre lot de chasse, les dégâts ont diminué, évalués à 13 000 €. Mais il faut respecter l’animal et son bien-être. Ici, c’était un vrai carnage, de la barbarie, loin de l’éthique du chasseur… »

« Nous ne sommes pas des cow-boys, dit Robert Dubich. Nous agissons sur ordre du préfet. » Les locataires de la chasse, l’association Sauvegarde faune sauvage et la Fondation Brigitte Bardot ont décidé de porter plainte.

Source : L'Alsace.fr













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